Démarche

De nos jours, dans les villes, l'affiche est devenue un média éphémère. Elle a une durée de vie de deux semaines tout au plus. On annonce, on publicise, on met en marché, on consomme et hop... c'est terminé, fini. Une autre affiche vient recouvrir celle qui ne reviendra jamais. Il y a vingt ans, on en décorait nos murs. J'aime l'idée de redonner à l'affiche ses lettres de noblesse, de la revoir décorer les murs, par pur plaisir esthétique. Et pour sa poésie. Je me suis promené à travers la ville pour capter des morceaux de ces images éphémères. Si petite soit-elle, la partie que j'en ai retenue - gros plan d'un détail, amalgame de plusieurs affiches dans la même photo, souvent déchirées, usées par le temps - m'a inspiré. Puis j'ai ajouté des éléments pour faire exploser la perspective. Le tout devient immense, plus grand que nature. De quelques centimètres, on passe au paysage qui fait plusieurs kilomètres. Où l'œil se promène de la déchirure à l'élément ajouté, "zoom in", "zoom out" et recommence...

Ces affiches, à l'origine, annonçaient peut-être un spectacle de musique, une pièce de théâtre, un projet artistique pour lesquels un individu, un groupe, une troupe ont mis leurs tripes, à nu, sur une scène. Je respecte ces élans artistiques, ces rêves, la richesse de la création qui habite le Québec. Je salue ceux qui y mettent leur cœur et toute cette énergie. Je leur lève mon chapeau et leur rends hommage à ma manière.